prélever du miel dans les corps de ruche est il nécessaire ?

à chacun ses choix et son apiculture

ruche pleine de miel en sortie de miellée de lavande
ruche pleine de miel en sortie de miellée de lavande

à la question faut il prélever des cadres de miel dans le corps il y a comme souvent une grande diversité de pratique apicole.

Comme souvent en apiculture il n'y a pas une vérité mais des choix dictés par des raisons économiques, zones géographiques, modèle de ruche, race d'abeille, volonté personnelle, circuit de transhumance ou pastoralisme....

 

La question est souvent revenue cette année car une fois la récolte estivale effectuée on s'est vite aperçu que les corps de ruche étaient plein à craquer et la ponte de la reine réduite parfois à un couvain de la taille du poing. 

 

 

des corps remplis de miel sans couvain

seul et unique cadre de couvain en fin de miéllée
seul et unique cadre de couvain en fin de miéllée

En Provence, en sortie de miellée de lavande, avoir des corps bien garnies est un classique et s'explique souvent par la sécheresse qui s'installe plus ou moins tôt dans l'été. Au final comme il n'y a plus de fleur, il n'y a donc pas de pollen et par conséquent très peu de ponte voir même des blocages complets. Ce phénomène est très marqué sur les plateaux couverts de champs de lavande. En effet, il y a très peu de diversité florale et souvent une concurrence accrue avec une concentration de ruche très importante. Or, les colonies cherchent toujours à stocker le miel au plus près du couvain. Elles ont donc rempli les corps de ruche avant de stocker le miel en hausse.

Cela donne une impression que la reine n'a plus de place pour pondre et peu parfois sembler inquiétant.

 

 

des colonies qui vont se faire la place pour pondre avec l'arrivée des fleurs

cadre en bordure du couvain à la fin de la miéllée
cadre en bordure du couvain à la fin de la miéllée
cadre en bordure du couvain quelques jours après la fin de la miéllée
cadre en bordure du couvain quelques jours après la fin de la miéllée

Personnellement nous ne touchons pas aux corps. Contrairement aux idées reçues, les colonies ne se bloquent pas par le miel. Une fois la lavande finie et en fonction des ressources, les colonies vont repartir doucement à la ponte. Elles consommeront le miel pour élever le couvain et se feront ainsi de la place. Le couvain étant le plus gros consommateur de miel. Cette consommation va aller en grandissant jusqu'au pic floral automnal. Ce pic floral intervient plus ou moins tôt en fonction des orages. L'an dernier il a eu lieu en aout alors qu'il y a 2 ans avec la grosse sécheresse il a eu lieu fin septembre. Les colonies consomment entre 100 et 200g de miel par jour de moyenne. Par conséquent, là ou la miellée est finie depuis deux semaines, les colonies ont déjà consommé l'équivalent d'un cadre de miel Langstroth. Les surfaces de couvain ont déjà doublé et les cadres de miel frais en bordure du couvain sont devenus des cadres de pollen. 

 

Nous faisons ce choix car premièrement nous sommes en Langstroth. Plus petite que la Dadant, mieux vont attaquer la saison "morte" avec beaucoup de miel si on veut pas nourrir ses ruches. De plus nous sommes avec de la noire, une abeille réputée petite pondeuse. De même, avec l'arrêt de ponte estival et la miellée de lavande, les populations ont tellement réduite qu'il n'y a aucun risque de blocage à cause d'une miellée plus tardive ou d'un apport de pollen important. Enfin, nous sommes en Haute-Provence avec des hivers doux, il nous semble inutile d'hiverner des colonies énormes, bien au contraire. 


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Commentaires: 1
  • #1

    DEMBELE (vendredi, 09 août 2019 11:02)

    Je partage votre analyse je suis en Meurthe et Moselle comme vous dites,je ne touche pas le miel des corps.