Techniques apicoles

suivi de ruche épisode 2

nourrissement le 6 avril

Malgré le début des floraisons des haies, des rentrées de nectar et de la chaleur, les ruches perdent du poids
Malgré le début des floraisons des haies, des rentrées de nectar et de la chaleur, les ruches perdent du poids

Au printemps, la majorité du miel et des provisions sont consommées par les abeilles pour élever des futures abeilles et ainsi accroitre la population de la colonie.

Au plus il y a de provision, au plus il y a de miel/miellée au plus il y aura d'abeille cet été.

Autrement dit, lors des belles semaines comme celle que nous avons vécus, la ponte de la reine s'accélère et malgré quelques entrées de nectar, le poids des ruches ne cessent de diminuer.... lors de semaines mitigées, les abeilles rentrent du pollen et l'élevage se fait principalement avec les provisions stockées durant l'été. Lors des vagues de froid comme celle que nous vivons actuellement, la colonie diminue ou stoppe la ponte et la consommation de miel continue mais cette fois ci pour chauffer le nid à couvain. Pour résumer, peu importe le climat, le poids des ruches au printemps diminue continuellement. Cette diminution est plus ou moins importante selon les semaines en fonction du climat, de la race et du rucher mais grossièrement de l'ordre d'1kg par semaine chez nous en Haute-Provence sur le plateau d'Albion. Ici, les premières vraies miellés se situent aux alentours de la mi mai soit 8 semaines après la visite.

 

à la visite de printemps, les provisions étaient très faibles pour la période et estimées à guère plus d'un ou 2kg par ruche. Nous avons rajouter l'équivalent de 4 et 5kg de miel. Tout juste suffisant pour passer avril.

Rien de pire pour les provisions qu'un climat qui alterne avec des extrêmes, c'est pourquoi nous n'hésitons pas à nourrir encore, guère après les visites. Les colonies sont en pleine expansion et fleurter avec la limite expose à des carences le couvain et peut vite faire végéter une ruche.

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suivi de ruches épisode 1

Cette année nous allons suivre 2 ruches. Chaque intervention sera filmée, et pas uniquement les ouvertures de ruche.

 

Sur internet on voit souvent des photos et vidéos soit de très belles ruches, soit de ruches mortes alors que la plupart du cheptel français se situe entre ces 2 extrêmes.

 

 

Le rucher sédentaire se situe en Haute-Provence à plus de 800m d'altitude.

Nous avons un climat entre méditerranéen et montagnard. Le mistral souffle régulièrement mais la pluviométrie (600mm/an) est bien supérieure aux département du 13 et du 84.

Les ruches sont des Langstroths a fond plein.

Les colonies sont de l'abeille noire locale "batarde". Nous ne changeons pas les reines.

 

Les 2 ruches sont des reines de 2 ans que nous suivrons le plus longtemps possible.

1ere intervention 27 MARS 2021

visite de printemps et nourrissement

Pour plus de détails sur notre fonctionnement des visites de printemps cliquez ici. En effet, je ne m'attarde pas trop sur les vidéos.

 

La visite des 2 ruches est assez représentative de nos ruchers sédentaires avec des colonies vides de miel et peu développées.

 

Le nourrissement est indispensable pour la santé des colonies. N'oublions pas que nous récoltons une partie de leur réserve. Cette réserve était le surplus des colonies il y a une quarantaine d'année mais varroas, pesticide, baisse de la flore, importation de race... font qu'aujourd'hui les colonies de Provence qui hivernaient avec 10kg de miel ont besoin de bien plus.

Certes nous nourrissons aux sucres (Apiinvert) pour des raisons économiques mais le nourrissement aux miels semble envisageable et nous y glissons progressivement. Ces 10 dernières années la quantité données représentent 1/3 de la production soit 4 à 8kg pour 15 à 25kg de récolte.

Ruches 1

Ruches 2

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1ères visites et premiers constats...

saison précoce avec déjà une miellée intense

Toujours de plus en plus tôt avec des hivers toujours de plus en plus doux, les visites de printemps 2021 battent à nouveau un record de précocité.

 

D'un côté, il y a les joies avec de belles ruches déjà sur 7 ou 8 cadres de couvain. Le temps devraient être ensoleillé et sec pour les multiples floraisons d'amandiers, buis et romarin qui se cumulent actuellement. La pluviométrie a été correct cet hiver. Par conséquent ça mielle déjà très fort sur certains secteurs. On en profite donc pour faire bâtir un maximum, contrôler l'essaimage mais la pose des premières hausses est inévitables.

20 à 30% de mortalité sur certains ruchers

Mais il y a aussi les déceptions.

Le taux de mortalité sur certains ruchers est 2 à 3 fois supérieur à la normale.

Les craintes et constats de cet été se sont malheureusement confirmés.

Rien d'alarmant pour le moment car cela concerne surtout les ruchers transhumants mais le constat est fréquent chez beaucoup d'apiculteurs provençaux.

hypothèse de l'intoxication

Bien entendu l'hypothèse de l'intoxication est avancée par bon nombre d'apiculteur. Ce sont notamment les apiculteurs ayant transhumé sur le plateau d'Albion qui dès août ont alerté sur de possible problème. En effet, les ruches étaient étonnamment vides et peu abeillés alors que la saison lavande semblait prometteuse. Personnellement je ne crois pas à cet supposition pour expliquer, du moins, la majorité des pertes. Mais il est vrai que les mauvaises habitudes de certains ont tendance à revenir. Je me suis en effet embrouillé quelques fois suite à des désherbages chimiques très tardifs, fin avril voir mi mai, alors que les floraisons des adventices étaient très importantes. De plus, nous avons fait analyser nos cires de corps cette année et on retrouve malheureusement des fongicides sur des ruches pourtant dans des zones peu traités.

varroas ?

L'ADAPI avait très tôt alerté sur une infestation varroa très importante cet été, la plus élevé depuis que l'observatoire lavande a été mis en place soit une dizaine d'année. Nous avons redoublé d'effort pour soigner nos ruchers alors que les champs de lavande n'étaient pas tous coupés. Mais le mal étaient déjà bien ancré. 1 mois après la pose des inserts, les couvains semblaient encore symptomatiques d'une infestation.

Selon moi une des pistes explicatives pourrait venir de la généralisation des traitements à l'acide oxalique. Certes ce médicament donne de bon résultat, supérieur à 95% d'efficacité en absence de couvain, mais tombe à moins de 50% avec ne serait ce qu'un petit cadre de couvain operculé.  Or en Provence, la période sans couvain est souvent inexistante. L'ADAPI essaye de se pencher sur le problème avec des retraits de couvain ou autres méthodes mais notre gouvernement lui facilite pas la tâche.... Bref

Le printemps capricieux a également accentué le phénomène avec des colonies moins populeuses mais un varroa qui n'a sans doute pas ralenti sa progression. Enfin, tous le monde le sait, la miellée de lavande réduit énormément les populations d'abeilles et par conséquent augmente encore plus le ration varroa/abeille. Enfin, la reprise de ponte automnale a été très tôt cette année et dès la mi aout les varroas avaient de quoi se multiplier... traiter avec ne serait ce que 2 semaines de retard et le constat est encore pire.

adaptation de nos pratiques

Tout d'abord, suite aux analyses de cire nous allons donc augmenter notre fréquence de changement de cire. Actuellement nous changeons 2 à 3 cires par an. Nous allons tenter d'en changer 3 à 4 selon les colonies. Cela à un coût pour la colonie et l'apiculteur. Il va falloir nourrir et donner un substitut de pollen à certaines ruches qui n'arriveront à tout bâtir.

 

Ensuite ce constat de surmortalité nous l'observons depuis quelques années sur les ruchers hivernants en basse Provence. Nous avons donc opté depuis quelques temps à des transhumances printanières et non plus automnales. Les ruchers transhumants hivernent en Haute-Provence. Ici, nous avons une rupture de ponte mais une fenêtre de traitement qui ne cesse de réduire. Le taux de mortalité est bien inférieur mais cela à également un coût. Tout d'abord la logistique est parfois compliquée car il faut transhumer très tôt en février, période ou en haute-Provence il peut faire des nuits très froides avec des chemins encore bien boueux alors que plus au sud c'est l'explosion florale. Ensuite, nous constatons que les colonies transhumées en février sont beaucoup moins développées que celles hivernants dans les bouches du Rhône. On peut donc faire une croix sur une éventuelle récolte de romarin.

 

 

 

 

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élevage des faux bourdons et cadres à mâles

diversité génétique Vs contrôle de sa génétique

Dans beaucoup de filière l'homme a réussi à maîtriser une génétique mais l'abeille ne se laisse pas dompter si facilement et c'est tant mieux.

 

Seul les grand éleveurs, dans des zones bien spécifiques et avec des méthodes très poussées peuvent grandement orienter les fécondations afin de maitriser une génétique.

 

Mais l'apiculteur lambda, élevant juste pour son renouvellement de cheptel, fait plus du bricolage qu'autre chose. Pas très grave car un cheptel bâtard est plus contraignant pour l'apiculteur (mais aussi plus plaisant), mais surement plus bénéfique à long terme pour la nature que la recherche a tout prix d'une race pure et soit disante parfaite.

 

Toutefois, pro buck, pro noire, caucasienne, italo-cauca.... bref chacun a ses penchants et cherche plus ou moins le contrôle d'une génétique avec notamment l'introduction de cadre à mâle.

ou placer le cadre à mâles ?

mâles pondus au centre de la grappe
mâles pondus au centre de la grappe

En théorie, les mâles sont pondus en périphérie du couvain car ils ont besoin de moins de chaleur. Il serait donc judicieux de placer le cadre à mâle en bordure du couvain.

 

Mais les mâles sont en  pleine maturité sexuelle que 40 jours environs après leurs naissances.

Par conséquent, le cadre à mâles doit être insérer et pondu 9 semaines avant les fécondations soit 6 semaines environ avant le greffage ou conception des essaims. Cela nous renvoi donc très tôt durant la saison avec de fréquents coup de froid.

Or lors de ces coups de froid, la grappe se resserre et le couvain de mâle en bordure est le premier exposé. Et les études montrent que lors de ces coups de froid la quantité de spermatozoïde et leur viabilité sont grandement diminués.

 

Nous avons donc opté depuis quelques années à l'introduction de cadre à mâle au centre du couvain. Les connaissances actuelles sur le monde apicole sont trop faibles pour affirmer que cette solution est la bonne mais les résultats de terrain sont bien meilleurs avec des reines à plus grande longévité.

isolement spatial Vs isolement temporel

Saturer l'environnement de mâles en mettant quelques ruches avec des cadres à mâles sur son rucher d'élevage est loin d'être suffisant.

Donc a moins d'avoir un isolement spatiale comme par exemple être sur une île, il est très difficile de garder ses mâles sur son rucher. En effet, les mâles n'ont pas de ruche attitrée et peuvent parcourir des dizaines de kilomètre allant de rucher en rucher à la recherche essentiellement de reine à féconder. 4 semaines après l'introduction du cadre à mâle, ces derniers voleront très loin et n'attendront pas 2 semaines votre greffage ou conception d'essaim.

 

En Provence, il y a une telle densité de ruche avec une grande hétérogénéité de race que l'isolement spatial est presque impossible. il faudra donc opter pour un isolement temporelle. Par exemple, préparer ses ruches à mâle en basse Provence et transhumer ses mâles plus au nord ou les mâles naturellement présent ne sont pas encore matures sexuellement.

comment garder ses faux bourdons sur son rucher ?

mâle nouveau né
mâle nouveau né

Nous faisons des essaims artificiels en basse Provence 3 semaines après la ponte du cadre à mâle. Nous y insérons notre cadre à mâles. Nous ramenons tous nos essaims avec cadre à mâle en Haute-Provence.

Les mâles naîtront dans les jours qui suivent et commenceront à voler une semaine après. Les mâles quitteront beaucoup moins le rucher car ils sentiront les reines vierges prêtent à naître.

Ces mâles nouveau nés féconderont donc nos séries d'essaims plus tardives.

Ces essaims doivent être très garnis en miel car les mâles consomment beaucoup et à la moindre carence ils seront les premiers sortis.

 

interrogations et imperfection de la méthode

cadres à faux bourdons
cadres à faux bourdons

Malgré le fait qu'en théorie, il n'y a pas de mâle mature, cette première série d'essaim arrive bel et bien à se faire féconder. Les reines parcourent elles des dizaines de kilomètre pour aller à ces fameux lieux de rassemblement ? se font elles féconder par les quelques mâles qui passent l'hiver dans les ruchers de Provence ? se font elles féconder à défaut par nos mâles matures sexuellement avec un peu de retard ?....

 

il y a d'ailleurs confusion dans la littérature entre maturité sexuelle 2 semaines après naissance et pleine maturité sexuelle 40 jours après naissance.

 

Malgré ces imperfections de la méthode, je pense que l'environnement est plus ou moins saturé par nos faux bourdons pour les séries d'essaim suivantes. Et même si un voisin apiculteur avec une génétique opposée fait de même, le brassage génétique que cela sous entend ne peut être que bénéfique.

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la méthode de sublimation un peu plus en détails....

Combien de passage et quel intervalle de temps ?

 

Comme toutes techniques apicoles, il faut savoir se l'approprier ou autrement dit l'adapter à son apiculture et ses contraintes (race, région, croyances, temps....).

 

Pour les ruchers de Haute-Provence, nous avons opté pour 2 passages à un mois d'intervalle. En effet, nous sommes dans une zone charnière ou l'arrêt de ponte est aléatoire. Certaines colonies de notre cheptel de "noire bâtarde" stoppent la ponte alors que la longueur des jours est très faible et que la nature a peu de fleur à leur apporter. Alors que d'autres colonies plus réactives pondent tant que les températures le permettent.

En traitant fin décembre et mi janvier nous avons une grande chance de passer au moins une fois toutes les ruches sans couvain.

 

Pour les ruchers de basse-Provence, la ponte n'a jamais cessée.

En théorie il faudrait multiplier le nombre de passage pour couvrir le couvain (ou encager les reines). Les italiens sont allés jusqu'à 6 passages à 4 jours d'intervalles sans aucun incident sur les reines. Cependant il faut être prudent car ça reste un acide puissant. On peut se rassurer en se disant que les abeilles sont celles d'hiver et qu'elles sont en fin de vie. Mais cette dichotomie entre abeilles n'est pas exact surtout en Provence

Nous avons donc opté pour 2 passages à une semaine d'intervalle fin janvier. Sur un rucher du pourtour méditerranéen nous avons effectué 3 passages à 6 jours d'intervalles. Nous n'avons pas fait de comptage sur lange si ce n'est juste pour se rassurer que même en présence de couvain des varroas tombent en plus ou moins grande quantité. Ce qui compte ce ne sont pas les varroas qui tombent mais les varroas qu'il restent. Un comptage sur lange n'est qu'une indication sur l'efficacité du traitement précédent. Nous verrons donc cet été la différence et peaufinerons notre adaptation....

 

Quand traiter à l'acide oxalique par sublimation ?

Cela paraît évident pour une grande partie de la France mais dans le sud l'arrêt de ponte est aléatoire.

Il est inexistant sur le pourtour méditerranéen (du moins l'hiver), ne concerne qu'une partie du rucher à l'intérieur des terres, et est de quelques semaines avec une hétérogénéité du moment en Haute-Provence.

 

L'an dernier un vague de froid a balayé la France 4 semaines en janvier alors que décembre particulièrement chaud a vu les colonies ramassées quelques kilos de romarin. Il fallait donc sublimer la dernière semaine de janvier.

Cette année, novembre a été très pluvieux et nuageux. Sans avoir des températures très froides, l'arrêt de ponte en Haute Provence a été dès la mi-novembre. Pour la basse Provence, c'était début décembre qu'il y avait le moins de couvain. La période idéale pour sublimer cet année été aux alentours de la première quinzaine de décembre.

Il faut donc s'adapter et régulièrement voir les ruches si on veut une efficacité maximale.

retour sur l'oxalika pro et perspectives futures

le fabricant a réglé le problème de la cristallisation de l'acide dans le tube diffuseur et c'est donc un appareil très satisfaisant et pratique. Nous avons tout de même fabriquer un guide en bois pour à la fois éviter que l'acide ne sorte de la ruche et à la fois pour que le sublimateur tiennent tout seul sur la planche d'envol.

 

Comme beaucoup, nous voulons limiter aux maximum les intrants qu'ils soient naturel ou chimique mais attention aux délires "bobo" qui font courir à la cata beaucoup de débutant. 

Nous avons la chance d'avoir une véto en stage se spécialisant en apiculture. Cela va peut être faire évoluer notre technique car beaucoup de questions restent en suspend. Comment agit réellement l'acide oxalique sur le varroa et les abeilles ?

est il préférable d'encager les reines en hiver ? en été ? de multiplier les passages comme le font les italiens ? ou pourquoi pas traiter à l'acide oxalique avec encagement l'été et introduire les inserts en fin d'automne (surtout pour le sud) ?

Personnellement la destruction de couvain est la dernière possibilité que j'envisage et dès cet été nous continuerons nos essais sur l'encagement estival de reine.... affaire à suivre

 

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