Techniques apicoles

comment avoir 100% de réussite aux essaims

Tout d'abord, il faut savoir que lorsqu'on fait un essaim, les colonies édifient un grand nombre de cellule royale. Ce nombre dépend de plusieurs facteurs comme la nourriture disponible (pollen et et miel), la quantité d'abeille et notamment de nourrice, les facteurs météorologiques.... Nous faisons les essaims sur 3 cadres de couvain Langstroth et il n'est pas rare d'avoir plus de 30 cellules royales!!!

 

La plupart des colonies ne conserveront qu'une seule reine. Mais quelques unes d'entre elles vont conserver plusieurs reines et vont essaimer. C'est ce qu'on appelle des essaims secondaires ou essaims avec reines vierges.

 

Ces essaims secondaires sortent entre le 15è et le 18è jours après avoir fait l'essaim. C'est pourquoi, une fois nos essaims fait, nous allons tous les soirs entre le 15è et le 18è jours chercher d'éventuels essaims secondaires. Il se pose généralement à guère plus de 10m du rucher d'essaim. On en trouve entre 15 et 20% par rapport au nombre d'essaim fait. Et étonnamment le nombre d'essaim trouvé, correspond au nombre d'essaim bourdonneux. Il nous suffit alors de réunir les essaims secondaires, souvent plus petits, avec les essaims bourdonneux pour avoir un bel essaim et 100% de réussite. Réunion faites bien plus tard, une fois les pontes établies...

 

Il est important de savoir que les essaims sortent même sous la pluie mais très rarement quand il fait froid. S'il fait très chaud on peut voir des essaims secondaires dès le 14è jours. Inversement, s'il fait froid entre le 15è et le 18è jour, on peut voir des essaims sortir jusqu'au 21è jour.

 

De plus, on connait pas très bien les facteurs qui font que tel ou tel essaim essaime. En effet, on pourrait croire que faire des essaims avec moins d'abeille n'essaimeront pas mais il n'en est rien. Nous faisons des essaims sur 1 cadres de couvain et il arrive qu'ils essaiment également. Il y a des super soeurs dans la ruche, peut être se joignent elles aux reines dont elles sont issues du même père ? es ce génétique ?.... bref les hypothèses ne manquent pas. Mais ce qui est sûr c'est qu'il faut éviter de nourrir liquide ou stimuler tant que les essaims secondaires ne sont pas sortis. Donc mieux vaut prévoir des cadres de miel ou un pain de candi au risque de se trouver avec 30 ou 40% d'essaims secondaires voir des tertiaires tout petits.

 

Enfin la période idéale pour faire les essaims et les fécondations est le mois de mai (avril pour le pourtour méditerranéen). Faire les essaims trop tôt c'est s'exposer à un retour de froid et des fécondations catastrophiques. L'adage des saints de glace que tous les jardiniers connaissent est valable pour les apiculteurs. Nous avons fait, comme beaucoup, une série d'essaim dès fin mars, au vue de la météo très printanière. Avec, le retour de froid du mois d'avril, la réussite de cette série d'essaim avoisine les 90%. Rien d'alarmant car nous sommes en Provence et il y a toujours quelques journées correctes. Mais il faudra s'attendre à de nombreux remérage dès cet automne et au printemps prochain car une réussite est complète que si la reine a été fécondé par beaucoup de mâle et pond à minima 3 ans.

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l'indicateur cire gaufrée

révélateur de la dynamique et de la santé d'une colonie

à la visite de printemps nous insérons systématiquement à toutes les ruches une cire gaufrée en rive du couvain.

Lors de l'ouverture suivante c'est à dire pour la pose de hausse, la cire gaufrée sera le seul cadre que nous vérifierons.

En effet, une colonie en bonne santé et dynamique bâtie. Seul la vitesse varie en fonction des ressources et de la population.

Par conséquence, nous ne posons pas la hausse tant que la cire gaufrée n'est pas bâtie. Parfois, la pose de la hausse est évidente. La colonie est sur 8 cadres de couvain et n'a plus de place. Mais souvent, on se retrouve avec des cas entre deux. La colonie est pleine ou déborde d'abeille (photo ci-dessus), il fait beau et ça mielle.... mais pas forcément sur 8 cadres de couvain. C'est alors que l'indicateur cire gaufrée nous aide à décider.

 

Lorsque la cire gaufrée n'est pas étirée, cela interpelle. Nous vérifions tout d'abord s'il y a toujours une reine en ponte. Un accident lors de la visite a pu arriver. Ensuite nous vérifions le couvain. Une maladie a pu apparaitre dont les causes peuvent être multiples (varroas, intoxication, carence, âge de la reine...). Enfin nous vérifions les provisions et notamment le miel.

cires gaufrés peu étirées en Haute-Provence

Lors de nos passages pour poser les hausses en Haute-Provence, les cires gaufrées étaient très peu étirées, voir pas du tout. On peut même voir que certaines cires étirées sont légèrement marrons. En effet, les colonies n'arrivent pas à fabriquer de la cire, alors elles réutilisent la veille déjà présente dans la ruche. Lorsque ce constat se généralise sur un rucher c'est qu'il y a manque de provision.

Avec les chaleurs de février et mars, les colonies ont redémarré la ponte grâce aux réserves. Mais la nature qui prend généralement le relais a fortement ralenti avec une baisse significative des températures notamment nocturne. On se retrouve donc avec des colonies vides de miel et développées au point de mériter la hausse (ou déjà  avec). Comme dit dans un précédent post, la question du nourrissement se pose généralement en avril/mai à la suite de conditions météorologiques particulières.

 

Même vides, les colonies ne risquent pas leur survie car les semaines ont de belles journées. Mais nous avons tout de même décidé de nourrir en grande quantité les ruchers de Haute-Provence. En effet, les ruches vides ont tendances à essaimer, probablement dans un instinct de survie. De plus, ce nourrissement permettra aux colonies de bâtir ce cire gaufrée et ainsi continuer d'agrandir leur surface de couvain. Un rucher test n'a pas été nourri. La ponte va stagner ou diminuer et repartira de plus belles lorsque les fleurs sortiront en grande quantité (généralement en mai). On pourra alors faire un bilan qui est loin d'être évident.

 

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"stratégies" des colonies face aux miellées

Après avoir jeté un rapide coup d'oeil aux premières hausses posées il y a 3-4 semaines, le constat est souvent bien différent d'une ruche à l'autre.

Certaines ont déjà rempli presqu'une hausse Langstroth de miel alors que d'autres sont montées en hausse pondre 6 à 8 cadres de couvain.

Les colonies ne réagissent donc pas du tout de la même façon lors des miellées notamment printanière. Habituellement, lors de la miellée de romarin, la part de ruche pondant peu et préférant amasser du miel est faible par rapport aux colonies préférant utiliser la miellée pour, dans un premier temps, augmenter sa population. 

Cette année, la tendance semble être inversée. On ne fera peut être pas autant d'essaim qu'espérer. On aura, par contre, du miel pour tenir jusqu'à la miellée de lavande et affronter un éventuel coup de froid ou sécheresse. 

 

Une des hypothèse est que selon moi il n'y a pas assez de fleurs pollinifères pour permettre aux colonies de pondre une quinzaine de cadres Langstroth de couvain. En effet, le romarin est faiblement pollinifère mais plutôt nectarifère. De plus, sa floraison est très précoce cette année en comparaison des autres plantes comme les amandiers, le buis ou les pissenlits. Habituellement, la floraison du romarin intervient pendant le pic de floraison printanière. Mais cette année la floraison a commencé avant même les amandiers et est surement déjà sur la fin. Le mistral, très fréquent, a peut être aussi joué son rôle en séchant la couche supérieure et limitant le nombre de fleur.

 

Chaque saison est différente et a sa part d'adaptation. Sur ces ruches pleines de romarin, nous avons prélevé quelques cadres de miel et introduit des cadres vides pour permettre la ponte. Avec l'arrivée du pic floral et du très pollinifère cyste, les cadres seront vraisemblablement pondues la semaine prochaine. Nous pourrons faire alors nos essaims, tout en gardant des ruches productives.

 

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premières visites et premier constat....

Comme prévu, cette année est très avance. Les ruchers du pourtour méditerranéen ont déjà des hausses. Certes nous sommes en Langstroth mais c'est un record de précocité sachant que les amandiers commencent juste à fleurir.

 

On est bien loin d'avoir fini toutes les visites de printemps mais on peut dresser un premier constat.

La mortalité hivernale est constante de l'ordre de 10% (non valeur incluses). Mais des ruches mortes avec du couvain ou des non valeurs très petites, symptomatiques du varroa réapparaissent après plusieurs années sans. Ces ruches étaient d'ailleurs populeuses avec 6 cadres de couvain à la visite d'automne.

Les tests réalisés par la FNOSAD depuis plusieurs années montrait déjà une grande hétérogénéité de l'efficacité du médicament Apivar en 2017. Des colonies avaient encore 500 varroas résiduels après les 10 semaines de traitement!!!

L'an dernier en Provence, on a été un peu épargné avec un vrai blocage de ponte estival dû à la sécheresse. On a donc hiverné des petites colonies mais saines et il semble que ce soit bien mieux pour elles.

Mais cette année la reprise de ponte a été très intense dès la fin de la floraison de la lavande jusqu'aux derniers jours de l'automne. Il n'y a jamais eu de période sans trop de couvain en basse Provence et sans un encagement de reine, le rappel à l'acide oxalique n'a pas du trop faire effet.

Au final, les ruches dont l'efficacité a été correcte sont très développées avec du miel en grande quantité et déjà des hausses posées. Mais on peut voir que certaines ruches ont subi une pression varroa trop importante. Avec l'arrivée des beaux jours et des fleurs tout va rentrer dans l'ordre mais pour quelques unes il faudra réunir au plus tôt.

Ce premier constat devra se confirmer une fois toutes les visites finies. Il faudra attendre la visite des ruchers sédentaires qui pondent moins et bloquent la ponte pour tirer quelques conclusions. Mais il interroge sur une remise en question de nos pratiques. L'encagement de reine avec traitement à l'acide oxalique (ou autre) me semble inéluctable. Selon moi, au plus il y a de couvain pendant la présence des bandelettes, au plus l'efficacité est aléatoire. Toutefois, ce constat est peut être simplement dû à une année exceptionnellement pluvieuse et les années à venir nous le dirons

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notre méthode de sélection

respecter les lois de la nature

Un des fondements de note sélection est de ne surtout pas changer les reines.

 

Nous avons des colonies dont l'essaim a été fait dans les années 2000 voir 1990 pour la plus veille. On ne parle plus de bonne reine mais de bonne lignée car une ruche qui est toujours en vie 20 ans plus tard est forcément plus ou moins résistante, adaptée, nettoyeuse.... On ne fait donc pas de tests de couvain congelé, d'amassage... car selon nous, il décontextualise la ruche en lien avec son environnement. La nature opère donc pour nous, une première sélection.

Parmi ces "dinosaures" soit une petite quarantaine de colonie sur plus de 1000!!! Nous réalisons une deuxième sélection. On élimine provisoirement les colonies dont le couvain ne donne pas satisfaction. Ce sont probablement des reines dans leur 3è année. Les colonies ayant un bon ratio entre production de miel et consommation annuelle seront nos souches. Ce ne sont pas les plus productives du cheptel mais nous avons constaté que ces ruches sont les plus régulières en terme de production, bonne ou mauvaise année. Les colonies produisant un peu moins de miel ou étant nourries l'hiver seront nos ruches à mâle.

 

Vis a vis du changement de reine annuel, cette méthode a des inconvénients certains comme sa longueur à mettre en place, l'hétérogénéité du cheptel, production inférieure... mais sur le long voir très long terme nous pensons que cela sera largement bénéfique.

ne pas oublier la part d'innée lors du greffage

Actuellement, en apiculture on est persuadé que l'abeille devient reine non pas par l'innée mais par l'acquis. Autrement dit, c'est en étant nourri à la gelée royale qu'une larve quelconque deviendra l'élu. On pense même, que c'est avec une abondante gelée royale que la reine va être de qualité.... L'inverse est sans doute vrai mais ce postulat est loin d'être évident.

 

Il ne faut pas oublier, que lorsqu'on fait un essaim, les abeilles élèvent un grand nombre de cellule royale. Il y a des combats et autres mécanismes de sélection pour en retenir qu'une seule (ou quelques unes en cas d'essaims secondaires). C'est par ces mécanismes de sélection que la part d'innée entre en jeu. La reine vainqueur du concours à forcément des caractères génétiques qui lui ont permis de gagner. Lorsque nous faisons nos nucléis, nous introduisons 3 voir 4 cellules royales afin de recréer ces combats qui sélectionneront la meilleure d'entre elles. Au plus on mets de cellule, au meilleure est la sélection. c'est pourquoi il est important de greffer un nombre largement supérieur aux besoins.

 

 

De plus, rien ne prouve que des jeux de phéromones entrent en jeu et permettent aux abeilles d'élever telles ou telles larves et non celle d'à côté. Principe de précaution, la moitié de nos essaims sont fait "à l'ancienne" sans greffage. 3 cadres de couvain et un de provision dans une caisse, on laisse faire et on vérifie 2 mois plus tard.

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