Techniques apicoles

élevage des faux bourdons et cadres à mâles

diversité génétique Vs contrôle de sa génétique

Dans beaucoup de filière l'homme a réussi à maîtriser une génétique mais l'abeille ne se laisse pas dompter si facilement et c'est tant mieux.

 

Seul les grand éleveurs, dans des zones bien spécifiques et avec des méthodes très poussées peuvent grandement orienter les fécondations afin de maitriser une génétique.

 

Mais l'apiculteur lambda, élevant juste pour son renouvellement de cheptel, fait plus du bricolage qu'autre chose. Pas très grave car un cheptel bâtard est plus contraignant pour l'apiculteur (mais aussi plus plaisant), mais surement plus bénéfique à long terme pour la nature que la recherche a tout prix d'une race pure et soit disante parfaite.

 

Toutefois, pro buck, pro noire, caucasienne, italo-cauca.... bref chacun a ses penchants et cherche plus ou moins le contrôle d'une génétique avec notamment l'introduction de cadre à mâle.

ou placer le cadre à mâles ?

mâles pondus au centre de la grappe
mâles pondus au centre de la grappe

En théorie, les mâles sont pondus en périphérie du couvain car ils ont besoin de moins de chaleur. Il serait donc judicieux de placer le cadre à mâle en bordure du couvain.

 

Mais les mâles sont en  pleine maturité sexuelle que 40 jours environs après leurs naissances.

Par conséquent, le cadre à mâles doit être insérer et pondu 9 semaines avant les fécondations soit 6 semaines environ avant le greffage ou conception des essaims. Cela nous renvoi donc très tôt durant la saison avec de fréquents coup de froid.

Or lors de ces coups de froid, la grappe se resserre et le couvain de mâle en bordure est le premier exposé. Et les études montrent que lors de ces coups de froid la quantité de spermatozoïde et leur viabilité sont grandement diminués.

 

Nous avons donc opté depuis quelques années à l'introduction de cadre à mâle au centre du couvain. Les connaissances actuelles sur le monde apicole sont trop faibles pour affirmer que cette solution est la bonne mais les résultats de terrain sont bien meilleurs avec des reines à plus grande longévité.

isolement spatial Vs isolement temporel

Saturer l'environnement de mâles en mettant quelques ruches avec des cadres à mâles sur son rucher d'élevage est loin d'être suffisant.

Donc a moins d'avoir un isolement spatiale comme par exemple être sur une île, il est très difficile de garder ses mâles sur son rucher. En effet, les mâles n'ont pas de ruche attitrée et peuvent parcourir des dizaines de kilomètre allant de rucher en rucher à la recherche essentiellement de reine à féconder. 4 semaines après l'introduction du cadre à mâle, ces derniers voleront très loin et n'attendront pas 2 semaines votre greffage ou conception d'essaim.

 

En Provence, il y a une telle densité de ruche avec une grande hétérogénéité de race que l'isolement spatial est presque impossible. il faudra donc opter pour un isolement temporelle. Par exemple, préparer ses ruches à mâle en basse Provence et transhumer ses mâles plus au nord ou les mâles naturellement présent ne sont pas encore matures sexuellement.

comment garder ses faux bourdons sur son rucher ?

mâle nouveau né
mâle nouveau né

Nous faisons des essaims artificiels en basse Provence 3 semaines après la ponte du cadre à mâle. Nous y insérons notre cadre à mâles. Nous ramenons tous nos essaims avec cadre à mâle en Haute-Provence.

Les mâles naîtront dans les jours qui suivent et commenceront à voler une semaine après. Les mâles quitteront beaucoup moins le rucher car ils sentiront les reines vierges prêtent à naître.

Ces mâles nouveau nés féconderont donc nos séries d'essaims plus tardives.

Ces essaims doivent être très garnis en miel car les mâles consomment beaucoup et à la moindre carence ils seront les premiers sortis.

 

interrogations et imperfection de la méthode

cadres à faux bourdons
cadres à faux bourdons

Malgré le fait qu'en théorie, il n'y a pas de mâle mature, cette première série d'essaim arrive bel et bien à se faire féconder. Les reines parcourent elles des dizaines de kilomètre pour aller à ces fameux lieux de rassemblement ? se font elles féconder par les quelques mâles qui passent l'hiver dans les ruchers de Provence ? se font elles féconder à défaut par nos mâles matures sexuellement avec un peu de retard ?....

 

il y a d'ailleurs confusion dans la littérature entre maturité sexuelle 2 semaines après naissance et pleine maturité sexuelle 40 jours après naissance.

 

Malgré ces imperfections de la méthode, je pense que l'environnement est plus ou moins saturé par nos faux bourdons pour les séries d'essaim suivantes. Et même si un voisin apiculteur avec une génétique opposée fait de même, le brassage génétique que cela sous entend ne peut être que bénéfique.

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la méthode de sublimation un peu plus en détails....

Combien de passage et quel intervalle de temps ?

 

Comme toutes techniques apicoles, il faut savoir se l'approprier ou autrement dit l'adapter à son apiculture et ses contraintes (race, région, croyances, temps....).

 

Pour les ruchers de Haute-Provence, nous avons opté pour 2 passages à un mois d'intervalle. En effet, nous sommes dans une zone charnière ou l'arrêt de ponte est aléatoire. Certaines colonies de notre cheptel de "noire bâtarde" stoppent la ponte alors que la longueur des jours est très faible et que la nature a peu de fleur à leur apporter. Alors que d'autres colonies plus réactives pondent tant que les températures le permettent.

En traitant fin décembre et mi janvier nous avons une grande chance de passer au moins une fois toutes les ruches sans couvain.

 

Pour les ruchers de basse-Provence, la ponte n'a jamais cessée.

En théorie il faudrait multiplier le nombre de passage pour couvrir le couvain (ou encager les reines). Les italiens sont allés jusqu'à 6 passages à 4 jours d'intervalles sans aucun incident sur les reines. Cependant il faut être prudent car ça reste un acide puissant. On peut se rassurer en se disant que les abeilles sont celles d'hiver et qu'elles sont en fin de vie. Mais cette dichotomie entre abeilles n'est pas exact surtout en Provence

Nous avons donc opté pour 2 passages à une semaine d'intervalle fin janvier. Sur un rucher du pourtour méditerranéen nous avons effectué 3 passages à 6 jours d'intervalles. Nous n'avons pas fait de comptage sur lange si ce n'est juste pour se rassurer que même en présence de couvain des varroas tombent en plus ou moins grande quantité. Ce qui compte ce ne sont pas les varroas qui tombent mais les varroas qu'il restent. Un comptage sur lange n'est qu'une indication sur l'efficacité du traitement précédent. Nous verrons donc cet été la différence et peaufinerons notre adaptation....

 

Quand traiter à l'acide oxalique par sublimation ?

Cela paraît évident pour une grande partie de la France mais dans le sud l'arrêt de ponte est aléatoire.

Il est inexistant sur le pourtour méditerranéen (du moins l'hiver), ne concerne qu'une partie du rucher à l'intérieur des terres, et est de quelques semaines avec une hétérogénéité du moment en Haute-Provence.

 

L'an dernier un vague de froid a balayé la France 4 semaines en janvier alors que décembre particulièrement chaud a vu les colonies ramassées quelques kilos de romarin. Il fallait donc sublimer la dernière semaine de janvier.

Cette année, novembre a été très pluvieux et nuageux. Sans avoir des températures très froides, l'arrêt de ponte en Haute Provence a été dès la mi-novembre. Pour la basse Provence, c'était début décembre qu'il y avait le moins de couvain. La période idéale pour sublimer cet année été aux alentours de la première quinzaine de décembre.

Il faut donc s'adapter et régulièrement voir les ruches si on veut une efficacité maximale.

retour sur l'oxalika pro et perspectives futures

le fabricant a réglé le problème de la cristallisation de l'acide dans le tube diffuseur et c'est donc un appareil très satisfaisant et pratique. Nous avons tout de même fabriquer un guide en bois pour à la fois éviter que l'acide ne sorte de la ruche et à la fois pour que le sublimateur tiennent tout seul sur la planche d'envol.

 

Comme beaucoup, nous voulons limiter aux maximum les intrants qu'ils soient naturel ou chimique mais attention aux délires "bobo" qui font courir à la cata beaucoup de débutant. 

Nous avons la chance d'avoir une véto en stage se spécialisant en apiculture. Cela va peut être faire évoluer notre technique car beaucoup de questions restent en suspend. Comment agit réellement l'acide oxalique sur le varroa et les abeilles ?

est il préférable d'encager les reines en hiver ? en été ? de multiplier les passages comme le font les italiens ? ou pourquoi pas traiter à l'acide oxalique avec encagement l'été et introduire les inserts en fin d'automne (surtout pour le sud) ?

Personnellement la destruction de couvain est la dernière possibilité que j'envisage et dès cet été nous continuerons nos essais sur l'encagement estival de reine.... affaire à suivre

 

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test du sublimateur Oxalika pro fast

 

Nous avons découvert cet appareil qui pourtant existe depuis 2 ans, lors du salon du matériel en Avignon, SIMAPI, et quelques points semblaient très interessants.

 

Tout d'abord il a une recharge de 90g ce qui permet de traiter 45 ruches environ sans s'embêter avec les bouchons doseurs. C'est très pratique surtout les jours de vent. Pour les pro qui ont beaucoup de ruche le gain de temps est indéniable.

 

Ensuite "la chambre de sublimation" est isolée ce qui permet d'éviter les refroidissements que connaissent les utilisateurs de sublimox.

 

Ce "sublimateur" est donc très interessant pour les professionnels ayant beaucoup de ruche. Cependant il faut le prendre en main et sans être de réels inconvénients, quelques points méritent améliorations.

 

La "chambre de sublimation" est protéger du froid mais le tube diffuseur en cuivre ne l'est pas totalement. L'acide a tendance à se cristalliser à l'intérieur et au bout d'un certain nombre de ruche traité, il se bouche. Nous avons donc acheter de la gaine isolante pour palier à ce problème car une fois bouché il faut utiliser un chalumeau (perte de temps et de praticité sur le rucher).

 

Un contrôleur de température aurait été le top. Il y a certes un thermostat qui contrôle le tout et permet de maintenir une température adéquate mais la sublimation peut durer 5 secondes si le "sublimateur" est très chaud ou 10 secondes si la résistance se met en route. Bon après avec l'expérience on entend le groupe électrogène se mettre en route et on comprend que le "sublimateur" chauffe et qu'il faut rester plus longtemps. De plus, lorsqu'on arrive sur le rucher, on ne sait pas trop quand le "sublimateur" est chaud.

 

Enfin, selon moi, un gros point négatif est que le "sublimateur" est avec des pinces à brancher sur batterie. Il faudra bidouiller en raccordant à un transformateur pour ensuite brancher sur un groupe électrogène.

 

Je ne peux pas dire s'il est mieux que le sublimox ou les autres appareils sur le marché mais il y a une réelle réflexion des fabricants pour améliorer un outil de plus en plus utilisé.

 

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pourquoi choisir le candi à chaud...

Actuellement, le candi à froid est préféré au candi à chaud car ce dernier à un taux d'HMF supérieur. Or l'HMF accélère le vieillissement des cellules. Mais se baser sur ce seul critère pour conclure que le candi à froid est mieux, semble trop réducteur à mon sens.

Il y a malheureusement trop de question en suspend pour affirmer que l'un ou l'autre est le moins mauvais nourrissement. Comme souvent en apiculture on choisira donc en fonction d'une multitude de critère qui nous sont propres. Mais le candi à chaud à quelques avantages indéniables.

taux d'HMF Vs inversion du saccharose

Le sucre du candi à chaud est grandement inverti. Autrement dit, lors de la cuisson du candi, le saccharose est inverti en fructose et glucose. Ces sucres sont directement assimilable par les abeilles. Le candi à froid est composé quasi exclusivement (surtout le fait maison) par du saccharose. Les abeilles dites "d'hiver" devront l'invertir pour le consommer ou le stocker et ne sont pas très adaptés pour cela.

A moins de faire des études très poussées pour savoir lequel est le moins pire, on ne verra pas trop de différence si on utilise l'un ou l'autre. Dans ce cas là, comme souvent, on essaye de prendre en compte l'avis des abeilles. Et là, c'est sans appel. Les abeilles vont préférentiellement vers le candi à chaud.

 

Pour ce qui est de la recette cliquez ici et ici pour la suite

un produit très attractif minimisant les ouvertures de ruches

500g consommés en 3 jours avec des T° min 5°C et maxi 12°C
500g consommés en 3 jours avec des T° min 5°C et maxi 12°C

Le candi à chaud est beaucoup plus attractif que le candi à froid. Si en plus on y ajoute 10% de miel alors le produit final est tellement attractif qu'on peut le poser directement dans le nourrisseur.

Cela nous évite donc deux ouvertures de ruches. La première pour déposer le pain de candi sur les têtes de cadre et quelques mois plus tard lorsqu'il faut remettre le nourrisseur à l'endroit pour éventuellement stimuler ou nourrir liquide. Cette technique est un gain pour l'apiculteur mais surtout pour la colonie.

Pour appliquer cette technique, nos ruches ne sont jamais vides car nous les pesons tous les mois. En effet, les abeilles monteront dans le nourrisseur, uniquement lorsque les températures permettent à la colonie de se dégrapper.

Au final, soit il fait très froid et la consommation est très très faible, la colonie reste grappée et se nourrie de son miel. Soit il y a un léger redoux, la colonie se dégrappe, la consommation augmente mais les abeilles vont monter dans le nourrisseur consommer et stocker très rapidement le pain. 

 

Mieux vaut se le faire soi même

Que l'on choisisse l'un ou l'autre, une chose est sûre est qu'il vaut mieux se le fabriquer soi-même.

Outre l'aspect financier non négligeable, c'est surtout sur le plan écologique qu'on y gagne. Dans la tendance zéro déchet actuelle, le plastique a usage unique est beaucoup décrié. Or, en tant qu'apiculteur, nous sommes parmi les premières victimes de ces dégradations écologiques.

Le candi à chaud n'est pas très difficile a réaliser même si on tâtonne un peu au début pour arriver à un produit parfait.

Le candi à froid fait soi même n'arrivera pas au même résultat que celui acheté dans le commerce comme le célèbre Apifonda. En effet, mieux vaut éviter le sucre glace du commerce qui contient un anti-mottant. Si on broie soi-même du sucre classique on arrivera difficilement à la finesse de broyage industrielle. Le pain de candi aura un bel aspect mais sa granulométrie sera parfois un peu trop grossière et donc moins bien pris par les abeilles.

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les travaux de septembre aux ruches

fermeture des portes d'entrée

Septembre est un mois de transition pour les abeilles. Il peut faire encore très chaud mais les températures nocturnes peuvent être très basses.

Si on observe les planches d'envol on peut commencer à voir quelques entrées propolisées. On voit de plus en plus d'abeille avec des pelotes de propolis. C'est donc le moment pour mettre en place les fermetures d'entrées. Ici nous n'avons pas encore de pression du frelon asiatique et il fait encore très chaud donc pas forcément judicieux de fermer plus tôt.

 

 

déplacement des inserts

Le déplacement des lanières est une opération facultative mais vivement conseillée par les GDS et préconisée par les fabricants.

Cela permet d'avoir une efficacité proche des 98%. Ce pourcentage permet d'avoir des colonies en bonne santé avec un seul traitement.

En effet, le varroa a un "coefficient reproducteur/multiplicateur annuel" de 50. Autrement dit, 50 varroas à la reprise de ponte en janvier donnera 50x50=2500 varroas après la miellée d'été. Il faudra 98% d'efficacité pour revenir aux 50 varroas. Avec une efficacité de 95% on partira en hivernage avec 125 varroas. Cela donnera 125x50=6250 !!! varroas en année 2 et ainsi de suite. Ces données sont certes théoriques et statistiques mais permettent de comprendre que rien ne doit être négliger surtout que personne ne sait réellement l'infestation qu'il y a dans les ruches.

La ponte a bien repris en Haute-Provence et ça miellotte sur la sarriette ou le lierre. Pas suffisamment pour emmagasiner du miel mais assez pour stimuler la ponte.

Les surfaces de couvain augmentent et se déplacent.

Pour une efficacité maximale, mieux vaut avoir les inserts au centre de la grappe avec des faces de couvain de part et d'autres des lanières. Les journées et nuits d'octobre vont se rafraichir, les grappes se resserrer et les mouvements des abeilles dans la ruche diminuer.

On en profite pour gratter également les inserts propolisés. Mais on ouvre pas toutes les ruches. Par expérience les ruches qui avaient très peu de couvain en fin de miellée de lavande ont juste agrandi les petits ronds de couvain sans se déplacer latéralement. De même en contrôlant régulièrement les poids on s'aperçoit que les ruches ayant faiblement consommé ne se déplacent pas beaucoup. 

 

Durant cette opération on fait une dernière vérification. Les couvains qui n'étaient pas forcément très "jolies" du fait de la présence du varroas en aout, doivent pas contre à cette date être satisfaisant. On hésite pas à réunir les colonies faibles.

De même, les populations d'abeilles sont adaptées aux volumes. On partitionne si nécessaire sur 6, 7 ou 8 cadres


vérification des réserves

Comme chaque mois, toutes les ruches sont pesées. Cette année les corps en sortie de lavande étaient très lourds mais on peut constater une perte d'environ 4kg depuis 7-8 semaines. Les colonies se sont donc fait de la place pour pondre. Elles ont encore les corps bien lourds avant la "saison mortes".

Toutefois, on a toujours quelques ruches qui sortent du lot et qui sont un peu légères. On hésite pas à nourrir avec de l'Apiinvert, sirop concentré à 76%. deux ou trois litres suffisent pour remonter les ruches à un poids correctes.

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