Techniques apicoles

miéllée de romarin et état des lieux varroas

Avec la belle semaine de ce début de décembre, nous en avons profité pour faire notre pesée mensuelle et un dépistage varroas.

 

En Haute-Provence, là ou il n'y a plus de couvain, la consommation a été très faible (moins d'un kilo). Les nuits ont été plutôt fraiches avec de nombreux jours de pluie. 2-3 % des ruches ont tout de même été nourries, toujours au sirop liquide concentrée à 75% avant de passer au candi le mois prochain.

 

En Basse-Provence, les ruchers du pourtour méditerranéen ont ramassé du romarin, environ 2kg de moyenne mais allant jusqu'à 5kg. Avec la belle floraison automnale du romarin et les chaleurs de mi novembre et début décembre, les ruches ont également bien pondue et sont sur 3/4 beaux cadres de couvain avec oeufs, larves et operculés.

Les ruchers un peu plus à l'intérieur des terres ont également profité du romarin mais comme les chaleurs sont moins fortes, il n'y a eu ni gain, ni pertes de poids. 5 à 6% des ruches ont tout de même été nourries.

L'efficacité du médicament doit être supérieure à 98% pour être tranquille jusqu'à l'année prochaine. Or la ponte a été très intense dès le début du mois d'aout. Par conséquent, les colonies sont sans doute parties en hivernage avec un nombre plus important de varroas (mais aussi plus d'abeille). Nous avons également reçu un mail de notre GDSA nous disant que quelques résultats de dépistage n'étaient pas très encourageants.

Nous avons dépisté un rucher en Haute-Provence, là ou il n'y a plus de couvain pour la quasi totalité des ruches. Nous avons utilisé du tactik sur un papier graissé et la chute en 30h oscille entre 0 et 50 varroas avec une moyenne de 20. Cette chute est tout à fait acceptable même si traitement hivernal va probablement s'imposer surtout sur les ruchers de basse-Provence.

Malgré l'alerte du GDSA, l'arrêt de ponte et la consommation automnale très faible vont dans le sens du dépistage et le fait que la charge en varroa est faible. En effet, une colonie surinfestée aura tendance à "surpondre" tard en saison pour compenser les mortalités dues aux varroas. Par conséquent ces colonies consomment beaucoup plus que la moyenne. 

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utilité de doubler par dessous

En apiculture il y a beaucoup de croyances populaires, ou peut être des vérités chez un apiculteur, à une période précise, avec tel race.... mais qui ne se vérifient pas du tout chez un autre.

J'ai souvent entendu dire de doubler la hausse par dessous pour faciliter le travail des abeilles et augmenter la production.

 

L'ADAPI, au cours d'une expérience, a placé 5 balances sur un de nos ruchers. Les ruches semblaient relativement homogènes. J'en ai donc profiter pour en doubler deux par dessous (ruche 3 et 4). Il est bien sur difficile de tirer une conclusion sur une expérience avec seulement 5 ruches sur une année. Mais je reste persuadé que doubler par dessous au vue de la pénibilité que cela représente n'est pas utile. Si gain il y a et même ça je ne suis pas convaincu.

Pourtant il est vrai que lors de la récolte la hausse du dessous était bien plus pleine!!! Mais ce constat est un trompe l'oeil....

Une Langstroth 9 cadres c'est 30kg de miel bien pleine. Quand on double, les hausses ne sont jamais pleine à 100%. Elle font entre 20 et 25kg de miel mais pourtant tous les cadres sont remplis et commencent a être operculés. Selon moi, en doublant par dessous les colonies attaquent à stocker dans la hausse vide alors qu'en doublant par dessus, les abeilles finissent de bien remplir la hausse pleine. Au final en doublant par dessus on récolte une hausse de 25/30kg et une hausse de 5/10kg alors qu'en doublant par dessous on va récolter une hausse de 20/25kg et une hausse de 10/15kg. On croit que doubler par dessous a été utile mais la vérité de la balance est incontestable.

De ce constat, on peut cependant dire que doubler par dessous peut s'avérer utile entre miéllées afin de séparer au maximum des miels différents.

Après lorsqu'il y a plusieurs hausses la donne est peut être différentes...

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l'importance du rucher

L'emplacement de ruches représente selon moi 50% du travail de fait.

En effet, un peu comme les terres agricoles plus ou moins riches, tous les emplacements de ruches ne se valent pas. l'apiculteur a la chance de choisir "sa terre agricole". Et c'est souvent les mauvaises années qu'on reconnait un bon emplacement.

Chaque apiculteur a des critères différents pour considérer qu'un emplacement est bon même si le critère de production est bien évidemment une constante chez beaucoup de monde.

 

Certains de nos emplacements appartenaient à mon grand-père alors que d'autres sont abandonnés au bout de quelques années seulement. Trouver un bon emplacement en sédentaire ou d'hivernage est un travail fastidieux, long et parfois décourageant.

Long car même si on pense avoir trouvé la perle rare qui est décrite dans tous les livres apicoles (abrité du vent, bien exposé, flore variée...) la réalité est bien différente et les colonies ne semblent pas être à leur place. Il y a un "effet rucher", un ensemble de composante que l'on ne maîtrise pas et qui fait la beauté de ce métier. Au final c'est l'expérience, des années et des années à essayer de nouveaux emplacements, qui permet de trouver des ruchers ou les colonies semblent en pleine santé et produisent régulièrement que l'année soit bonne ou mauvaise. Parfois déplacer le rucher de quelques dizaines de mètres suffit pour tout changer !!!

Fastidieux car souvent l'emplacement idéal, à flanc de colline entre montagne et plaine, est souvent aussi l'emplacement idéal de l'urbanisation. De plus entre cultures fruitières ultra traitées et déserts apicole, il faut souvent s'éloigner de la plaine et remonter au coeur des montagnes mais dans ce cas là on s'éloigne d'une diversité florale non négligeable.

C'est un travail parfois décourageant car après avoir parcouru la colline en long en large et en travers et qu'on pense avoir trouver l'emplacement parfait, il n'est pas rare d'avoir un refus du propriétaire. Pire encore, après avoir préparé l'emplacement et transhumé les ruches, les propriétaires des piscines confondant souvent guêpes et abeilles sont prêts à tout pour vous faire partir de leur confort de citadin campagnard....

 

L'automne (un jour de mistral) est une bonne période pour chercher de nouveaux emplacements. Les feuilles tombent et cela permet de mieux apprécier le paysage. Google maps est un outil bien utile et permet à la fois un premier repérage et une visualisation de l'ensemble de l'aire de butinage avec les possibles "zones à risques". Enfin nous testons les emplacements environ 3 ans pour avoir une meilleure idée du potentiel du rucher. Car certes la production est importante mais la qualité d'hivernage, le faible nourrissement ou encore le côté pratique pour l'apiculteur ne sont pas négligeables.

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comment peser ses ruches facilement et rapidement

Ce type de pesée, après de nombreux essais, est fiable au kg près. Une seule pesée suffit contrairement à la pesée latérale. En effet comme il est fréquent d'avoir des colonies décentrées sur la droite ou la gauche il vaut mieux peser une fois de chaque côté et additionner les poids pour avoir un poids plus juste. Une colonie sur l'arrière ou l'avant est beaucoup plus rare, donc une pesée arrière suffit.

Enfin, pour estimer les réserves, il faut connaitre le poids de sa ruche vide (avec des cadres vides bien sûr).

Rien n'empêche de se fabriquer un pied et faire levier pour moins forcer mais cette technique est un peu plus lente est valable si on a que quelques ruches à peser



 

Nous partons en hivernage avec des ruches pesant fin aout 34kg soit grosso modo 20kg une ruche vide + 2kg d'abeille = 12kg de provision. Les ruches perdent ensuite 1kg par mois de moyenne. Cette perte de poids hivernale n'est bien sur pas linéaire et on peut avoir une grosse perte un mois puis un poids se stabilisant pendant 2 autres mois. Les variations sont souvent importantes en septembre/octobre et février/mars en fonction des éventuelles rentrées de nectar et coup de froid. C'est pourquoi nous pesons tous les mois voir tous les 15j en mars/avril. l'évolution de la perte de poids est tout aussi interessante que la perte elle même de poids. Pas d'affolement si une ruche consomme 2kg de provision un mois. Par contre à partir de 3 ou 4kg, nous complétons avec un nourrissement pour atteindre un poids théorique en fonction du mois. Au delà de 4kg, vaut mieux ouvrir la ruche et vérifier s'il n'y a pas de problème.

 

Habituellement en sortie de miéllée de lavande, après récolte, les ruches sont plus proches des 36-38kg mais cette année avec tous les orages on était plus souvent aux alentours des 30-32kg. Les ruches avaient donc, pour la période, moins de provision mais beaucoup de couvain. Comme espéré, les colonies bien populeuses pour un mois d'aout en Haute-Provence ont rentré du nectar en septembre, surtout les secteurs ou il y a de la sarriette. Il n'y a pas eu de perte de poids voir un gain même. Cependant environ 15% des colonies ont tout de même été nourries.

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plus de couvain en Haute-Provence

Après avoir transvaser une quarantaine de ruche d'un jeune api qui a reçu son matos un peu tard, on a pu confirmer ce qu'on avait constaté sur nos ruches témoins.

80% des colonies n'ont plus de couvain en Haute-Provence. Les 20% qui ont 2 petits rond de la taille d'un poing sont souvent des "abeilles jaunes" ou des essaims. Ces derniers ont toujours tendance à pondre plus tard en saison.

Mais en règle générale, l'abeille noire a stoppé sa ponte depuis le coup de froid/pluie de fin septembre, début octobre et ce malgré les fortes chaleurs de ces dernières semaines.

En effet, avec les fréquentes pluies estivales, le pic de floraison automnale s'est retrouvé cette année en aout. La sarriette qui a fleurit en octobre l'an dernier, était finie mi-septembre, alors que c'est une floraison plutôt longue. 

Avec l'administration du médicament fin juillet, début aout, ce dernier a donc été efficace dans une période sans couvain. C'est donc plutôt une bonne nouvelle. De plus les chutes des températures la semaine prochaine auront peu d'impact sur nos colonies. Rien de pire qu'une chute brutale alors que les colonies sont encore sur 3/4 cadres de couvain.

 

En basse Provence et sur le pourtour méditerranéen, les colonies sont quant à elles sur 2 cadres de couvain en moyenne. Après une belle floraison du fenouil, la nature est encore bien fleurie avec notamment de la fausse roquette permettant aux colonies de maintenir la ponte. 

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