Techniques apicoles

notre méthode de sélection

respecter les lois de la nature

Un des fondements de note sélection est de ne surtout pas changer les reines.

 

Nous avons des colonies dont l'essaim a été fait dans les années 2000 voir 1990 pour la plus veille. On ne parle plus de bonne reine mais de bonne lignée car une ruche qui est toujours en vie 20 ans plus tard est forcément plus ou moins résistante, adaptée, nettoyeuse.... On ne fait donc pas de tests de couvain congelé, d'amassage... car selon nous, il décontextualise la ruche en lien avec son environnement. La nature opère donc pour nous, une première sélection.

Parmi ces "dinosaures" soit une petite quarantaine de colonie sur plus de 1000!!! Nous réalisons une deuxième sélection. On élimine provisoirement les colonies dont le couvain ne donne pas satisfaction. Ce sont probablement des reines dans leur 3è année. Les colonies ayant un bon ratio entre production de miel et consommation annuelle seront nos souches. Ce ne sont pas les plus productives du cheptel mais nous avons constaté que ces ruches sont les plus régulières en terme de production, bonne ou mauvaise année. Les colonies produisant un peu moins de miel ou étant nourries l'hiver seront nos ruches à mâle.

 

Vis a vis du changement de reine annuel, cette méthode a des inconvénients certains comme sa longueur à mettre en place, l'hétérogénéité du cheptel, production inférieure... mais sur le long voir très long terme nous pensons que cela sera largement bénéfique.

ne pas oublier la part d'innée lors du greffage

Actuellement, en apiculture on est persuadé que l'abeille devient reine non pas par l'innée mais par l'acquis. Autrement dit, c'est en étant nourri à la gelée royale qu'une larve quelconque deviendra l'élu. On pense même, que c'est avec une abondante gelée royale que la reine va être de qualité.... L'inverse est sans doute vrai mais ce postulat est loin d'être évident.

 

Il ne faut pas oublier, que lorsqu'on fait un essaim, les abeilles élèvent un grand nombre de cellule royale. Il y a des combats et autres mécanismes de sélection pour en retenir qu'une seule (ou quelques unes en cas d'essaims secondaires). C'est par ces mécanismes de sélection que la part d'innée entre en jeu. La reine vainqueur du concours à forcément des caractères génétiques qui lui ont permis de gagner. Lorsque nous faisons nos nucléis, nous introduisons 3 voir 4 cellules royales afin de recréer ces combats qui sélectionneront la meilleure d'entre elles. Au plus on mets de cellule, au meilleure est la sélection. c'est pourquoi il est important de greffer un nombre largement supérieur aux besoins.

 

 

De plus, rien ne prouve que des jeux de phéromones entrent en jeu et permettent aux abeilles d'élever telles ou telles larves et non celle d'à côté. Principe de précaution, la moitié de nos essaims sont fait "à l'ancienne" sans greffage. 3 cadres de couvain et un de provision dans une caisse, on laisse faire et on vérifie 2 mois plus tard.

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nourrir avec parcimonie

Nourrir mais attention aux conséquences

Nourrir est une intervention qu'il faut connaitre et savoir mesurer les conséquences. Le 50/50 a une influence directe sur la ponte mais le candi et le sirop de nourrissement influence aussi la ponte de la reine.

Les abeilles sont loin d'être bête et savent la quantité de nourriture qu'elles ont à disposition. C'est à dire qu'au redémarrage de la ponte, une colonie disposant de 5kg de miel ne va pas pondre autant qu'une colonie disposant de 10kg de miel de provision. Par conséquent, en nourrissant plus que de raison on risque d'avoir des colonies très développées très tôt en saison. Et si la saison démarre tôt comme cette année, on risque de payer l'addition un moment ou un autre.

Cette technique est une routine chez les professionnels qui cherchent à faire des essaims ou des miellées précoces et c'est malheureusement, un peu banalisée. De plus, beaucoup ont peur que leurs abeilles meurent de faim mais là encore, elles sont loin d'être bêtes. La famine n'arrive jamais l'hiver, période ou les colonies consomment le moins mais plutôt au début du printemps. Mais pour que ce cas de figure arrive, il faut des conditions météorologiques très particulières comme  une longue période de mauvais temps alors que les colonies sont bien développées.

 

Si une colonie meurt de faim l'hiver ou au début du printemps, c'est qu'il y a forcément un problème en amont.

-La colonie était peut être surinfestée en varroas.

-la colonie, trop faible, n'a pas pu atteindre le miel pendant un coup de froid alors que la grappe était très resserré.

-La souche un peu trop exotique n'est pas adaptée à notre climat. 

-A force de nourrir, on participe grandement à une "dé-sélection naturelle". Le cheptel français, comme les terres agricoles, s'est décliné ces dernières années mais en nourrissant on participe à entretenir des reines que la nature aurait sans pitié tué.

-La colonie a été mal préparée à l'automne. En Provence, il faut environ 14kg de provision pour arriver jusqu'au printemps suivant, donc quand on récolte le miel, il faut veiller qu'elles aient à minima cette quantité de provision. 

 

Cela ne veut pas dire qu'il faut arrêter de nourrir et passer du tout au rien. Nous nourrissons comme beaucoup mais cherchons à diminuer les quantités d'année en année et si la loi nous imposait de nourrir qu'au miel on réfléchirait à deux fois sur les quantités distribuées. On nourrit au cas par cas et évite plus que possible de greffer ou faire des essaims sur des colonies nourries "anormalement".

 

L'hiver, nous nourrissons directement dans le nourrisseur et non sur les têtes de cadre. Cela nous économise du travail, à savoir tourner les nourrisseurs pour ensuite les retourner. Cela évite de déranger la colonie par deux ouvertures inutiles. Le plus important étant de bien préparer ses colonies en fin d'été. Et ensuite de suivre régulièrement la perte de poids. Nous sommes allés faire notre pesée mensuelle. Comme chaque hiver, les ruches ont très peu consommé. En moyenne 2kg entre novembre et janvier. Jusqu'à 5kg de consommation, c'est tout à fait normal mais au delà les colonies sont considérées "anormales".

Enfin, le pain de candi dans le nourrisseur renseigne également sur la force de la colonie et permet de repérer une éventuelle ruche faible ou bourdonneuse comme déjà expliqué dans l'article sur la consommation des ruches

une saison qui risque de démarrer précocement

Le romarin est déjà tout en bouton.

D'un côté, il est très joli avec une grande quantité de fleur à venir. Les sols sont bien humides avec des pluies en grande quantités cet hiver. Tout cela semble positif pour avoir une petite miellée comme l'an dernier.

Mais d'un autre côté, les anciens disaient qu'une saison qui démarre tôt n'est jamais trop bonne.... et au vue du développement du romarin il faudra s'attendre à une floraison en mars. Or les chaleurs de mars ne sont pas celles d'avril. Après avec dame nature rien est écrit d'avance et un long coup de froid retarderait tout cela.

Avec l'automne pluvieux et chaud, les plus fortes colonies sur le pourtour méditerranéen sont déjà sur 4 cadres de couvain. Les toutes premières fleurs des amandiers sortent. Si la chaleur est au rendez vous les visites ne devraient pas tarder. 

 

 

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le gauffrage

La saison redémarre bientôt en Provence...

 

Gauffrer n'a rien d'extraordinaire et même s'il existe quelques minimes différences d'un api à un autre, on fait tous la même chose.

 

 

Personnellement on achète les feuilles légèrement plus hautes. La feuille est insérée dans la rainure du haut et touche quasiment la baguette du bas. Lorsque les abeilles étireront la feuille, le cadre sera solide car il sera bien accroché en bas. Sur la longueur, les abeilles étirent instinctivement donc pas besoin de précaution particulière.

Gauffrer, il n'y a rien de plus simple, même si parfois on voit des cas catastrophiques...

Comme pour le filage, on s'est fabriqué un support surélevant le cadre.

On chauffe fil par fil pour qu'il pénètre bien dans la cire. Et on n'hésite pas à reprendre les parties qui n'ont pas pénétré. Cela arrive souvent si les feuilles sont mal emballées ou si le fil de fer n'est pas bien tendu. Dans ce cas là, mieux vaut un coup de roulette zig-zag avant de chauffer le fil. Les fils doivent bien pénétrer sur toute leur longueur dans la cire. Si on regarde la feuille de cire on ne doit pas voir le brillant du fil de fer. Cela veut dire qu'il y a une fine pellicule de cire dessus.

Si on ne prend pas cette petite précaution, le couvain ne sera pas élevé au niveau du fil de fer. Si une ruche à un souci et que la feuille n'a pas été étiré en hausse, ou pourra se retrouver avec des feuilles de cire gondolées lors des fortes chaleur. Le pire étant une feuille qui se détache partiellement, puis la colonie remonte en hausse et étire en collant les cadres. Bref une belle pagaille pour l'apiculteur.


On voit de plus en plus "d'anti feuille de cire" (cadre à jambage, simple barette...). Je n'ai pas fait le test de toutes ces techniques mais j'ai suivi ce que les anciens ont expérimentés depuis très longtemps et adoptés. Du temps de mon grand-père la cire était très chère. Les apiculteurs coupaient les feuilles de cire en deux ou ne mettaient qu'une amorce. Lorsque les temps furent meilleurs, ils sont très vite revenus à la feuille entière.

 

reprise du chauffage du fil non pénétré dans la cire
reprise du chauffage du fil non pénétré dans la cire
fil de fer mal tendu se gondolant lors du chauffage
fil de fer pas assez tendu gondolant lors de la chauffe
fil de fer bien pénétré dans la cire
fil de fer bien pénétré dans la cire

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filage des cades

Pour beaucoup c'est de l'histoire ancienne car la plupart achète les cadres montés/filés mais pour d'autres ça permet de petite économies non négligeables.

 

Bien filer ses cadres, c'est se faciliter la tâche du gauffrage.

 

 

Qu'on file horizontal ou vertical, la première chose à faire est de se fabriquer "un guide" permettant au cadre de bien être calé.

 


Ensuite, l'astuce est une petite molette avec un axe de rotation décentré afin de bloquer le cadre tout en courbant légèrement une baguette du cadre. Lorsqu'on débloquera le cadre, la baguette se redressera et le fil sera bien tendu.


Après avoir bloqué le cadre avec la molette et passé le fil de fer, on l'accroche à des petits clous dont un ne sera pas totalement enfoncé.

On tend alors le fil en tirant sur chaque passage.

Puis on défait au niveau du clou non enfoncé pour retendre.

Enfin, on débloque le cadre avec la molette après avoir enfoncé le clou.

 

Si les cadres n'ont pas des oeillets rien ne sert de trop tirer, le fil risque de pénétrer dans le bois.

 

le cadre est accordé comme une guitare. Lors du gauffrage, le fil doit pénétrer dans la cire sans se courber. Il faudra gauffrer dans les deux jours au risque de voir le fil légèrement se détendre.

 

Nous montons et filons 3000 cadres par an et cela me prend guère plus d'une minute par cadre.


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faire son candi maison 2/2

tuto fabriquer son candi au miel

conseils sur le candi fait maison

Chacun s'adapte a ses contraintes. Personnellement nous préférons faire un candi relativement dur car le candi est stocké sans emballage. Cela évite qu'il coule et que les pains de candi se collent entre eux. C'est pourquoi nous chauffons jusqu'à 118°C.

 

Nous malaxons relativement chaud, sans attendre une couleur trop claire pour avoir le temps de "couler" toutes les barquettes. En effet, malaxer trop longtemps jusqu'à une couleur beige claire ou lorsque la température est trop froide aura tendance à faire figer le candi trop rapidement. Le candi ressemblera alors a de l'aligot très dense. Il faudra alors remplir les barquettes à la spatule ce qui est très contraignant. S'il est déjà trop figé, il suffit alors de réchauffer légèrement pour que le candi redevienne plus souple.

Mais pour ceux qui remplissent des sacs plastiques, il est sans doute préférables d'attendre un refroidissement supérieur avant de mettre en sac.

 

Nous ajoutons 10% de miel soit 20kg pour 200Kg de sucre, 66L d'eau, 200g de crème de tartre.

 

jusqu'à présent nous n'avons jamais fait de candi protéiné. Selon moi, l'apport de protéines l'hiver n'est pas indispensable même si avec le varroa, des tests sur la qualité d'hivernage seraient envisageables. Pour ceux qui veulent essayer, il suffit d'ajouter 5% de levure de bière (apifeed) lors du malaxage.

 

remarques sur le candi fait maison

marbrure du candi
marbrure du candi

Des "traces de sucre" peuvent apparaitre sur le candi. Ce sont en fait les équivalences des marbrures du miel. Cela est dû au fait qu'il y a un choc thermique avec un refroidissement brutal du candi lors de sa cristallisation.

 

Actuellement on parle beaucoup de candi à  froid. Pour beaucoup, il est préférable au candi à chaud car il n'y a pas de production d'HMF. Selon moi, cela me semble trop réducteur de comparer sur ce seul critère. Les abeilles sont souvent pour moi le meilleur des comparateurs. Si on place dans un nourrisseur du candi à froid et du candi à chaud (sans ajout de miel), les abeilles préfèrent de loin le candi à chaud surement parce qu'une partie du sucre est invertie...

 

Il arrive lors du malaxage que le sirop reste translucide. Ce cas peut se produire si tout le saccharose est inverti. Le sirop composé exclusivement de glucose et fructose cristallisera comme le miel mais après plusieurs semaines voir mois. Il faudra diminuer les quantités de crème de tartre ou d'acide ou augmenter le ratio sucre / eau.

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